Charlotte Cory

Visitorians in France - Les Visiteurs en France

Just Visiting France -  Photographs of Charlotte Cory

Charlotte Cory aime raconter des histoires, que ce soit avec des mots ou avec des images. Parallèlement à son travail de romancière, elle développe une œuvre plasticienne singulière élaborée à partir de photographies anciennes achetées dans des brocantes et de ses propres images. Fascinée par l’époque victorienne qui a vu naître la photographie en France et Charles Darwin publier De l’origine des espèces en Angleterre, cette anglaise a inventé le mot Visitorian - contraction de photo carte de visite et de l’adjectif victorien - pour qualifier ses photos-tableaux qui mettent en scène de drôles de personnages. Avec cette exposition qui réunit vingt-et-un tirages, Charlotte Cory présente son travail en France pour la première fois.

Touche à tout de génie,Charlotte Cory se définit autant comme une écrivaine que comme une artiste. Chez elle, tout est liée. Ne considère-t-elle pas que chacune de ses photos raconte une histoire ? Mais ne comptez pas sur elle pour vous la raconter, elle laisse à chacun le soin de la découvrir et de l'interpréter. Au premier regard, les personnages qui habitent ses images construites comme des tableaux sont déroutants. S'agit-il d'humains avec des têtes d'animaux ou d'animaux flanqués de corps humains ? Ni l'un ni l'autre, répond-elle, en précisant qu’elle a inventé un nouveau genre. 

En remplaçant les têtes humaines par celles d’animaux, Charlotte Cory cherche à nous intriguer. Elle nous incite à scruter la photo et à en examiner les moindres détails - gants, ombrelles, bijoux, décor... - pour attiser notre curiosité : qui était la personne sur la photo d’origine ? Elle nous convie ainsi à un voyage dans le temps - au XIXe siècle - à l’époque victorienne qui lui est chère. Ce voyage se fait par l’intermédiaire des photos cartes de visite qu’elle collectionne depuis longtemps et qui ont à la fois popularisé la photographie et contribué à sa démocratisation. A partir de 1859, en France comme en Angleterre, tout le monde se presse en effet chez le photographe pour se faire tirer le portrait. Et pour l’occasion on met ses plus beaux vêtements. 1859, c’est également l’année de la parution de De l’origine des espèces de Charles Darwin, le célèbre naturaliste anglais auteur des premiers travaux sur l’évolution des espèces. Pour Charlotte Cory, il n’y a pas de hasard : “Ces deux événements sont fondamentaux pour les gens de cette époque car d’un côté avec la photographie ils ont gagné l’immortalité en sachant qu’ils laisseraient une image d’eux après leur mort et, de l’autre, ils l’ont perdue en découvrant qu’ils n’étaient pas des créatures créées à l’image de Dieu mais qu’ils étaient simplement des animaux”, explique-t-elle.

Avec ses Visitorians, Charlotte Cory élabore brouille les pistes parce que outre les personnages, elle modifie également les photographies d’origine en profondeur en y ajoutant des images qu’elle réalise elle-même, comme un élément de décor, le décor lui- même, un vêtement, etc., par l’intermédiaire de collages numériques. Bienvenue dans le monde merveilleux et inquiétant de Charlotte Cory !

Sophie Bernard, 2016

Charlotte Cory likes to tell stories, whether with words or with pictures. Alongside his work as a novelist, she developed a unique visual work made from old photographs purchased at flea markets and its own images. Fascinated by the Victorian era that saw the birth of photography in France and Charles Darwin published On the Origin of Species in England , the English invented the word Visitorian - carte de visite of contraction and the Victorian adjective - for qualify his photos-paintings that depict characters funny.

Touch all engineering, Charlotte Cory is defined both as a writer and as an artist. At home, everything is linked. Does not it consider that each of his photos tells a story? But do not count on it to tell you, it leaves each one to discover and interpret. At first glance, the characters that inhabit his images built as tables are confusing. Is it to humans with animal heads or animal flanked human body? Neither one nor the other, she answers, stating that it invented a new genre. 

By replacing human heads by those animals, Charlotte Cory tries to intrigue us. It encourages us to scan the picture and examine every detail - gloves, umbrellas, jewelry, decor ... - to stir our curiosity: who was the person on the original photo? She invites us and a trip back in time - in the nineteenth century - the Victorian era that is dear to him. This trip is through business cards photos she collects a long time and have both popularized photography and contributed to its democratization. From 1859 in France as in England, everyone hurries in fact to the photographer to make their portrait. And for the occasion you put your best clothes. 1859 is also the year of the publication of On the Origin of Species by Charles Darwin, the English naturalist author famous early work on the evolution of species. Charlotte Cory, it is no coincidence: " These two events are fundamental to the people of that time as a side with photography they won immortality knowing they had let a picture x after death and, on the other, they lost e discovering they were not the creature s created in the image of God but they simply were animals , "explains-t- she.

With Visitorians , Charlotte Cory develops blurs the addition because the characters, it also modifies the original photographs in depth by adding images she carries herself as a decorative element, the decor itself , clothing, etc., via digital collages. Welcome to the wonderful and disturbing world of Charlotte Cory!

Sophie Bernard, 2016